Portrait du Mois

Hervé Sauvage et la Presqu’île de Rhuys : Une histoire d’amour depuis trente cinq ans.

 

 

Quinquagénaire au grand coeur, espiègle et volontiers farceur, Hervé Sauvage est connu dans le monde du luxe et de la mode  comme l’un des plus talentueux set-designer et scénographe de ses trois  dernières décennies.

Concrètement, c’est lui qui pense, construit et met en scène les décors qui serviront à réaliser les campagnes publicitaires  de grandes marques.Les bougies et accessoires de maison Dyptique, les souliers Roger Vivier, les parfums Hermès, Paco Rabanne, et Jean-Paul Gaultier pour ne citer que ceux là,  ont déjà bénéficier de son art.Depuis dix ans, Hervé Sauvage  collabore aussi régulièrement pour la maison Hermès, qui, charmée par son audace, son ironie et sa douce folie,  lui a laissé le choix de donner sa vision :  « Juste ce qu’il faut de décalé, comme un léger pas de côté » (comme il aime à le préciser) à leur département: Objets de la maison.

Lorsqu’il ne parcourt pas le monde, ce magicien du décor, cette star aux mille et une scénographies éphémères, aime se ressourcer dans le Golfe du Morbihan.

C’est là, que nous retrouvons Hervé Sauvage en pleine préparation de son diner d’avant réveillon, dans la cuisine de la maison de pêcheur  où il trouve refuge depuis des années. Passionné de cuisine (il a passé son C.A.P. pendant le confinement), Hervé s’active aux fourneaux, un verre de vin blanc à la main, musique de Nino Rota en fond sonore et grand sourire pour nous accueillir.

« Cela fait trente cinq ans cette année que je viens dans le Golfe du Morbihan et plus présicemment sur la Presqu’Ile de Rhuys » commence-t-il.

Et d’ajouter : «  La première fois, j’avais 24 ans et j’ai découvert l’endroit grâce à un ami dont les parents possédaient cette maison secondaire , qu’ils venaient de retaper.  C’était encore très rural à l’époque, très  campagne au bord de la mer. Dans le bon sens du terme.Depuis, je n’ai cessé d’y  venir et d’y  revenir.

Je crois pouvoir dire que je suis vraiment tombé amoureux de cette région. Pour son calme, sa lumière, la longueur des journées qui s’étirent l’été, la variété de ses paysages doux et âpres aussi, qui s’égrènent entre l’Atlantique et le Golfe.. »

 

Il allume une cigarette, tire une bouffée et reprend:

« Je connais bien la Presque’Ile de Rhuys. Je l’aime autant en été qu’en hiver même si je pense avoir une petite préférence pour cette saison plus froide.

L’hiver, c’est le rendez-vous amical du réveillon de fin d’année que je passe  avec des proches qui constituent une bande soudée depuis des décennies. Certains viennent du Sud de l’Italie, d’autres de Suisse ou de Picardie mais aucun ne raterait le rituel de notre  Nouvel An dans le Golfe.  Nous avons nos petits repaires, nos grandes promenades qui peuvent durer deux ou trois heures, nos endroits favoris à redécouvrir….

Ce soir nous sommes huit à table. Je  prépare mes fameux « spaghetti ale vongole » avec des palourdes achetées ce matin au marché de Sarzeau, suivis pour le  dessert d’une charlotte  au chocolat. Pour le Réveillon de demain soir ? Je ne sais pas, j’hésite encore avoue t-il  avec sourire malicieux. Avant de poursuivre :

« Je dirai que mon endroit favori, sur la Presque’Ile, c’est la Pointe de l’Ours.

On y balaie du regard la mer et les îles d’en face:  Arz et l’ILe aux Moines qu’on imagine presque toucher en tendant la main vers l’horizon. On distingue leurs délicats contours ponctués d’anses,  de voiliers  aux mouillages, de petites plages et au loin le clocher de l’église… J’adore la pointe de l’Ours. je ne sais pas pourquoi. Parce qu’on y a eut un voilier pendant un moment peut être… Et que c’était un endroit de rendez vous.  Nous y on y allions  tous les jours des vacances d’été à une époque, on s’y baignait aussi. Pendant des années, je disais toujours qu’après ma mort je  souhaiterais que mes cendres y soient dispersées. C’était devenu un sujet de moquerie  entre nous. Bon, j’’ai appris depuis qu’on on a pas le droit de le faire »  confit-il avec une moue dubitative puis  éclatant de rire.

Avant de conclure :

« J’aime aussi beaucoup aller marcher vers le Grand Mont à Saint Gildas de Rhuys lorsque  les vents d’hiver vous fouettent le visage.Etre sur la Presqu’Ile et contempler la mer me suffit, me remplit… »

Christine Quenon